Le football qu’on aime.

Le 19/07/2016


Les terrains par Pier Paolo Pasolini

Est-il besoin de le rappeler le football n’est pas que simulations et tacles à la gorge. Il l’est d’autant moins lorsque l’on se réfère aux écrits du regretté Pier Paolo Pasolini, controversé artiste italien du milieu du XXème siècle.

Les Terrains, c’est un recueil d’articles publiés dans divers journaux italiens, où l’écrivain raconte ses souvenirs d’enfance dans les stades de Série A. Plus homme qu’artiste, ces chroniques sont celles d’un passionné, d’un supporter féru de beau jeu, du football élégant, d’un artiste accompli qui se laisse aller, pendant 90 minutes, à la contemplation de gentlemen qui vivent leur passion sur les pelouses, tapant le cuir comme personne. Il y décrit l’ambiance de feu des stades, une ambiance populaire à mille lieues de celle que l’on connait aujourd’hui, défendant « le seul grand rite qu’il reste de nos jours », ce « phénomène de civilisation » qu’est le football. Craignant la déchéance du football, il se montre visionnaire en prédisant un football où les joueurs deviennent des écrans publicitaires, ou ce qu’il appelle des porte-drapeaux du « néo-capitalisme ». Pier Paolo Pasolini dépeint une société imprégnée par le sport et le football, à l’instar de notre société actuelle, et met en mots ce que ressentent les amoureux du ballon rond en pénétrant dans les antres italiennes.